mercredi 12 novembre 2008

Cérémonie du 11 novembre 2008.

C'est à 08 h 30 que s'est déroulée la célébration de l'armistice du 11 novembre 1918.

Quelques habitants se sont joints aux délégations des anciens combattants, du souvenir français, des sapeurs pompiers, de la gendarmerie, d'élus courdimanchois et de communes voisines afin de rendre hommage à nos morts pour la France, la musique étant assurée par la fanfare "l'écho de la vallée".

La lecture du message de Monsieur Jean-Marie Bockel, secrétaire d'état à la défense et aux anciens combattants, dont le texte est reproduit ci-après, a clos la cérémonie officielle.

Les participants ont alors été conviés à se réunir, dans la salle du Conseil Municipal, afin de se réchauffer à l'aide d'une boisson chaude et visionner le diaporama préparé, à cette occasion, par Daniel Nolleau.

Vous pouvez obtenir ce diaporama en envoyant un message électronique en Mairie afin d'en solliciter l'envoi.


Message du 11 novembre 2008 de Monsieur Jean-Marie BOCKEL

Secrétaire d'Etat à la défense et aux anciens combattants


Il y a aujourd'hui 90 ans, le 11 novembre 1918 à 11 heures, les clairons sonnaient le cessez-le-feu tout au long de la ligne de front, mettant un terme aux combats meurtriers de la Première Guerre mondiale. Exténuée par quatre années de souffrance, de deuils et de privations, la Nation toute entière laissait éclater sa joie.

Le 11 novembre 1918, la foule est en liesse dans la capitale. Au front, le canon s'est tu pour laisser place à un silence assourdissant. Incrédules, les combattants peinent à réaliser qu'à cet instant précis s'achève leur long cortège de souffrances.


Avec la joie des vainqueurs, contraste également la tristesse de tous ceux qui célèbrent cette victoire dans la douleur causée par la perte d'un proche. Pour les centaines de milliers de veuves et d'orphelins de cette Grande Guerre, le deuil succède au silences des armes.

A Paris, le 11 novembre, la Chambre et le Sénat font un triomphe à Clémenceau, l'homme qui incarne ce jour-là la victoire, l'homme qui a personnifié la France mieux que quiconque aux yeux de tout un pays. Alors que le canon tonne dans le ciel de la capitale, les parlementaires, émus jusqu'aux larmes, entonnent en choeur la Marseillaise.

Après leur avoir lu les conditions d'armistice, le «Tigre» s'adresse à eux : «Au nom du peuple français, au nom du gouvernement de la République Française, j'adresse le salut de la France unie et indivisible à l'Alsace et à la Lorraine».

Aux yeux de tous, la France a été durant quatre années le champ de bataille de l'Europe et du monde. Dans la boue des tranchées, sous unepluie incessante de fer et de feu, sur des lignes de front désespérément immobiles, les hommes ont connu pour la première fois la mort de masse. Des forts de Verdun aux champs de bataille de la Somme, des plaines d'Artois aux montagnes du front d'Orient, sur terre, sur mer et pour la première fois dans les airs, les hommes sont venus mourir de tous les continents.

Au poids des destructions matérielles vient s'ajouter le fardeau de la paix. Le soir du 11 novembre, Clémenceau s'est adressé à ses proches : «nous avons gagné la guerre, mais maintenant il va falloir gagner la paix». Une tâche écrasante attend les nations alliées. Réunies à Paris durant six mois, elles tenteront de refaçonner le monde, inspirées par les grands principes du Président Wilson.

En 1918, les quatre années de guerre ont changé l'histoire du monde, laissant une Europe divisée et durablement affaiblie, une Europe qui marque le pas et dont la proéminence sur la scène internationale est remise en cause. Il faudra l'échec de la Société des Nations, les affres de la Grande Dépression et l'abîme de la Seconde Guerre mondiale pour finalement établir les fondations d'un monde de paix et de droit. Ces tentatives successives, infructueuses, donneront naissance à l'idée européenne, enfantée par le drame de la Première Guerre mondiale.

Aujourd'hui, 90 ans après la fin de ces terribles évènements, la France se souvient du sacrifice de ses enfants et n'oublie pas celui de tous les hommes venus d'ailleurs pour mourir sur notre sol.

La France se souvient et honore avec respect et gratitude le sacrifice de ses Alliés britanniques et de tous les pays du Commonwealth.

La France se souvient et salue l'engagement fraternel des tirailleurs de la «Force Noire» venus de toute l'Afrique, à côté des combattants d'Afrique du Nord et d'Indochine.

La France se souvient des travailleurs venus de Chine pour contribuer à l'effort de guerre des nations Alliées.

La France se souvient et n'oublie pas l'engagement passionné des deux millions de combattants venus des Etats Unis d'Amérique.

La France se souvient et rend hommage à tous les belligérants européens, alliés de toujours et ennemis d'hier, aujourd'hui réconciliés dans une Europe en paix autour de l'héritage commun du souvenir de la Grande Guerre.

Aujourd'hui, en ce 11 novembre 2008, la communauté nationale se retrouve dans toutes les communes de France autour des monuments aux morts.

Alors que s'en est allé Lazare Ponticelli, dernier représentant de la génération sacrée des Poilus, nous entrons dans le temps de l'Histoire, un temps où nous contemplons désormais ces évènements du passé sans le regard des derniers témoins.

Honorons le souvenir et la mémoire de tous les morts de la Grande Guerre, transmettons cet héritage sacré et douloureux aux jeunes générations.

Jean-Marie BOCKEL